Le stage dans le cadre d’un retour à l’emploi

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Imaginez.
Vous avez plus de 50 ans, une trentaine d’années d’activité derrière-vous, et on vous propose de rechercher un stage en entreprise!

Pour les seniors demandeurs d’emploi, le passage par le stage en entreprise n’est pas facile à accepter.
D’abord, dans nos représentations collectives, on associe encore le stage à l’orientation et la formation des jeunes. Alors son intérêt ne va pas de soi quand on n’est pas jeune et que l’on a des décennies d’expérience sur son métier. Qu’est ce que ça va apporter hormis de la main-d’œuvre gratuite pour l’entreprise?

Et puis, il y a l’appréhension du « regard de l’autre ». Demander du travail, ce n’est déjà pas facile, mais tout le monde comprend bien le besoin de gagner un salaire. Frapper à la porte d’une entreprise pour demander un stage quand on a plus de 50 ans, c’est autre chose! On imagine par avance l’incompréhension de son interlocuteur.

 

Retour d’expériences

Passées l’épreuve de la recherche de stage et l’appréhension de l’intégration dans l’entreprise, les périodes d’immersion sont souvent appréciées pour le simple fait d’être à nouveau en activité professionnelle. Si les bilans et les suites sont variables au cas par cas, il semble intéressant de faire un retour d’expérience global sur les principaux ressentis des seniors vis à vis de la période de stage.

 

Les intérêts du stage

En premier lieu, le stage permet de juger de ses aptitudes physiques à reprendre une activité professionnelle. Ceci est d’autant plus important pour ceux qui exercent un métier physique ou dont la carrière a été interrompue pour des problèmes de santé.

L’immersion est aussi une occasion de redécouvrir son métier dans un nouvel environnement. Pour un même métier, les pratiques professionnelles peuvent varier d’une entreprise à l’autre en fonction des effectifs, du type de management, des outils et méthodes de travail. Sur certains métiers, les pratiques ont aussi considérablement – et très rapidement – évolué avec l’introduction et la généralisation des technologies numériques,  l’inscription dans le développement durable, mais aussi sous l’effet des contraintes de rendement du contexte économique actuel.

Enfin, le stage est une opportunité de démontrer ses compétences en exercice réel. La sélection du stagiaire est moins exigeante que celle d’un salarié puisqu’il n’y a pas l’enjeu de la rémunération pour l’employeur. Elle laisse donc plus de chance à celui dont la candidature aurait d’emblée été écartée, en l’occurrence en raison de son âge. Le stagiaire ayant fait ses preuves devient un candidat privilégié dès lors que l’entreprise a un poste à pourvoir.

 

La nécessité de sensibiliser les employeurs aux enjeux du stage

Si les intérêts de l’immersion en entreprise sont reconnus par la plupart de ceux qui l’on vécu, la recherche d’une entreprise d’accueil s’apparente bien souvent à un « parcours du combattant » pour les seniors et dans le cadre d’un retour à l’emploi.

La démarche de recherche de stage sera facilitée si les employeurs comprennent que l’intérêt du stage ne se cantonne plus à l’orientation et la formation des jeunes, mais qu’il peut être un outil de retour à l’emploi dans le contexte actuel de flexibilité de l’activité économique. Alors que la « formation tout au long de la vie » s’est imposée comme une nécessité, il semble naturel que la période de stage devienne un outil d’adaptation des compétences mobilisable tout au long du parcours professionnel.

Le stage est aussi un excellent outil de recrutement pour l’employeur. Certaines entreprises, notamment sur des secteurs en tension, l’ont bien compris et se constituent un vivier de personnel avec les stagiaires repérés lors des immersions. Recevoir un stagiaire dans son entreprise représente un investissement, mais le bénéfice est assuré lorsque la période de stage mène au recrutement d’un profil testé en conditions réelles.

 

Quelle durée de stage ?

Dans le domaine de l’insertion professionnelle, les périodes d’immersion en entreprise sont généralement plus courtes que celles pratiquées en formation qualifiante, et varient de 1 à 3 semaines.

Les retours d’expériences, des stagiaires comme des tuteurs d’entreprise, tendent à préconiser des périodes d’une durée minimale de 2 semaines lorsqu’il s’agit d’un stage dont l’objectif est l’acquisition et l’évaluation des compétences. Sur une durée plus courte, il sera possible d’évaluer les facultés d’intégration et d’adaptation à l’environnement, mais guère plus. Même sur un métier que l’on a déjà exercé, l’appropriation des méthodes de travail, des outils et procédures spécifiques à l’entreprise requiert plus de temps.

Sur deux semaines, le stagiaire peut tirer un réel bénéfice en termes d’acquisition de compétences. Pour sa part, le tuteur est en mesure d’évaluer globalement les qualités et les compétences de la personne, ainsi que ses aptitudes à en acquérir de nouvelles. Sur cette durée, il est donc possible d’évaluer les qualités professionnelles mais aussi l’adaptabilité au poste.

De l’avis des stagiaires, c’est à partir de la 3ème semaine que l’on se sent à l’aise et que l’on peut donner le meilleur de soi-même. Ce serait donc la durée idéale pour valoriser son profil et largement suffisante pour que l’employeur se prononce sur un éventuel recrutement… rappelons que l’accueil de stagiaires expérimentés ne peut pas constituer de la main-d’œuvre bon marché.

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